Création d’entreprise, s'associer pour se compléter

Publié le 19/3/2020




Vous avez un projet de création d'entreprise.

C'EST VOTRE PROJET (...), votre bébé. Il alimente vos rêves et vos engoisses depuis un certain temps, et le partager avec quelqu'un ne vous est même pas venu à l'esprit...

S'associer est rarement la première idée d'un créateur d'entreprise se mettant à son compte. Toutes et tous auraient pourtant toujours intérêt à étudier objectivement les avantages à s'associer.

 

Mieux vaut réussir à plusieurs qu'échouer seul

Celui ou celle qui se met à son compte conçoit souvent son projet comme son bébé. Envisager de partager la réussite peut frustrer.

L'envie de réussir seul est une motivation profonde, comme la simple volonté d'échapper aux contraintes d'un collectif.

Prouver ses compétences, sa capacité, la force et l'originalité de son idée ne doit pas vous  aveugler. Le projet doit rester viable et préserver un confort personnel. Vous ne manquerez pas d'obstacles, alors mettre toutes les chances de votre côté peut-être une judicieuse idée. 

S'associer peut avoir du sens face aux risques d'une réussite moindre de son entreprise ou d'une masse de travail qui pourrait vous faire perdre beaucoup d'avantages de l'entrepreneuriat (comme la liberté).

D'informelles à statutaires, les formes variées d'association présentent par ailleurs des niveaux d'engagement gradués. Même si il reste préférable d'officialiser la chose (au moins dans un second temps).


 

Différentes formes d'association

Vous pouvez considérer l'association sous différentes formes, tout dépend de votre situation, et de ce que vous attendez de cette association.

Cela peut-être une association par le partage des parts d'une société qui sera l'objet de votre activité.
Mais cette société peut aussi être une tierse société si cette association ne concerne qu'une partie de vos projets (vous aurez votre société, votre partenaire aura sa société, et vous aurez une 3ème société dans laquelle vous aurez chacun une partie des parts). Attention cependant, être à deux associés dans une société à parts égales peut poser problème en empêchant certaines prises de décisions. Il est toujours préférable d'être au minimum 3 afin de vous assurer qu'il y aura toujours une majorité face à une minorité et éviter l'immobilisme.

Mais l'association peut aussi être contractuelle, par exemple dans le cadre d'un projet ou d'un événement précis. Le contrat définira l'objet de votre association, ainsi que les modalités (jusqu'à la répartition des bénéfices).

Et enfin, cela peut être une association tacite, sans contrat. Mais attention à cette formule, car si vous rencontrez la moindre difficulté avec votre partenaire, dénouer le conflits pourrait prendre une tournure incertaine.

 

Communauté, solidarité et complémentarité

S'associer est un antidote à l'isolement, qui menace toujours un peu le créateur indépendant.

S'associer est sécurisant. On réfléchit plus exhaustivement à plusieurs, on analyse en confiance et communauté d'intérêts plus de solutions, avec différents regards et vécus. Des informations précieuses circulent plus rapidement.

S'associer stimule la solidarité. Les associés s'entraident. En formes libres, ils peuvent se donner des coups de main occasionnels, sans empiéter durablement sur leurs périmètres respectifs.

S'associer est économique, en partageant et mutualisant des moyens.

S'associer favorise la performance. En activités similaires, s'associer permet de dominer un marché, d'éviter les concurrences sauvages. En activités complémentaires, cela permet d'offrir un service plus large et complet, d'attraper ainsi des affaires plus importantes et intéressantes.

S'associer est parfois nécessaire. Nos compétences personnelles ne sont pas homogènes, présentent des faiblesses parfois pénalisantes.
La disparité entre aptitudes commerciales et techniques est courante. Créativité et rigueur administrative se mélangent assez mal. Il faut pourtant vendre pour produire, produire pour vendre, facturer et régler ses obligations.

La complémentarité d'un bon duo, trio ou petite équipe peut faire des miracles.

 

Limiter les risques liés à l'association

S'associer représente aussi des risques.

Les difficultés entre associés peuvent toujours survenir, même si au début tout se passe généralement bien. Mais autant limiter l'apparition de problème en choisissant bien ses partenaires et les modalités de votre association.

Il est important de veiller à partager les objectifs, les visions et les valeurs, aller dans le même sens pour durer ensemble.

La fidélité et l'honnêteté sont essentielles. Attention au siphonnage en activités similaires parallèles.

Les associés doivent être réellement complémentaires par rapport à l'objectif. Une compétence trop faible obérera la performance d'ensemble. Attention aux amis, potentiellement les meilleurs associés pour l'entente commune, qu'on idéalise parfois trop.
La perte, momentanée ou durable, d'un associé complémentaire supposera du recrutement, une contrainte à anticiper.

Une frustration courante est la sensation, réelle ou illusoire, de travailler pour les autres, de tirer seul la barque.

Le statut aide à structurer et fixer les règles. S'associer demande toujours d'être attentif, de prendre du temps pour communiquer, éviter les incompréhensions et réenvisager l'avenir.

 

Le partage des fruits

Toute collaboration implique un partage des tâches et des résultats. Une association doit projeter ce partage, entre nobles et moins nobles tâches. La bonne volonté et la fidélité comptent. L'entente entre associés conditionne une réussite qui peut aisément dépasser celle d'une activité solitaire.

Quant au partage du résultat, rappelons cet adage : mieux vaut avoir 10% d'un délicieux gâteau que 100% d'un très mauvais gâteau.
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